SALLE DE CRISE

17 mai 2020

Mise en contexte

Depuis la déclaration d’urgence sanitaire universelle, les autorités gouvernementales haïtiennes se sont mobilisées avec les partenaires opérant dans le pays afin de prendre les mesures visant d’une part à limiter la propagation du virus, et, d’autre part à assurer la prise en charge des personnes testées positives.

Compte tenu de la gravité de la situation résultant de la pandémie du COVID-19, de l’urgence de prendre des dispositions particulières pour secourir efficacement les populations menacées, de l’expression de la volonté des gens de la société civile, du secteur des affaires, du secteur public et de la communauté internationale d’apporter leurs contributions à cette lutte, et de coordonner un déploiement efficace des ressources et des appuis tant locaux qu’internationaux, il a été créé une Commission Multisectorielle de Gestion de la Pandémie du Covid-19 (CMGP-Covid-19). Au centre des activités de cette Commission, se retrouve une Salle de Crise.

Définition de la Salle de Crise

En partenariat avec le Ministère de la Santé Publique et de la Population, la Direction de la Protection Civile, la société civile et la coopération internationale, la CMGP met en place une Salle de Crise qui est l’endroit central à partir duquel est organisée la gestion de la réponse et de la logistique. Elle joue le rôle de cerveau des opérations. Elle réunit l’ensemble des fonctions stratégiques et regroupe des compétences multisectorielles et complémentaires dans la planification, l’exécution la coordination et le suivi des actions découlant du Plan Opérationnel Intégré (POI) de la Réponse nationale au COVID-19.

Rôle de la Salle de Crise

En général, le rôle de la Salle de Crise est de promouvoir et de maintenir un sens de l’urgence ; et de planifier, coordonner, agir et informer. Plus spécifiquement, il est de :

  • Planifier, diriger, coordonner, et suivre les actions pour l’exécution du POI de la réponse, et
    d’adapter celui-ci, au besoin, en fonction de l’évolution de la pandémie en Haïti
  • Assurer une bonne coordination des acteurs et des parties prenantes de la réponse ainsi qu’une
    synergie dans les actions dans la mise en œuvre de la réponse
  • Etablir des mécanismes efficaces pour des prises de décision et une planification en temps réel et
    célères
  • Piloter et coordonner les moyens de mis en œuvre du POI et réaliser, de manière opportune, les
    actions correctives qui s’avèreront nécessaires
  • Collecter, mettre en forme, compiler et disséminer les informations indispensables à la prise de
    décision au niveau de la Salle, du MSPP, de la CMGP et du gouvernement
  • Être une source centralisée d’informations fiables et opportunes pour le grand public, les médias,
    leaders d’opinions, et partenaires

Principes directeurs de la Salle de crise

  • URGENCE, FOCUS SUR RESULTATS ET TRANSPARENCE TOTALE
  • Alignement
  • Flexibilité
  • Réactivité
  • Fluidité
  • Efficacité
  • Travail d’équipe
  • Partage d’informations

Composantes et constitution de la Salle de crise

La Salle de Crise comprend cinq cellules techniques, une cellule de coordination des opérations, une cellule de coordination médicale, et une coordination générale. Chaque cellule technique est composée de cadres du MSPP, de partenaires techniques et, si possible, de représentants de la société civile. Chaque cellule est dirigée par un cadre du MSPP.

Les cellules techniques

Cellule 1 – Structure de soins : MSPP/DOSS, MSPP/UADS, OMS/OPS, UNFPA, UNICEF

Objectif : Mettre en place des pratiques de prévention et de contrôle des infections (PCI) efficaces au sein des communautés et des établissements de santé pour prévenir la transmission au personnel de santé, aux patients et aux communautés. Mettre en place un parcours de soins intégrés du niveau communautaire au niveau spécialisé pour la prise en charge opportune des patients suspects ou positifs et des cas présentant un tableau clinique modéré ou sévère nécessitant une hospitalisation. Garantir l’enterrement digne et sûr de tous les décès de cas confirmés et probables, afin de rompre la transmission issue des décès communautaires.

La stratégie de prise en charge vise à la mise en place de trois types de structures, adaptées selon le stade de l’épidémie et le nombre de cas, qui serviront à des fins distinctes mais complémentaires. Le premier point d’action pour la prise en charge est d’évaluer les sites présélectionnés par les experts dans tous les départements et de les aménager et les adapter selon les recommandations pour la prise en charge adéquate des malades de COVID-19. Tout le personnel affecté à ces sites sera identifié, formé et assuré. Des outils pour la prise en charge seront également élaborés et disséminés à tous les acteurs affectés à ces sites.

Des mécanismes seront établis pour évaluer la mise en œuvre et l’efficacité des procédures et protocoles de prise en charge des cas (y compris pour les femmes enceintes, les enfants, les personnes immunodéficientes), et ajuster les directives et/ou combler les lacunes de mise en œuvre au besoin.

Les sites de prise en charge seront fournis des médicaments et intrants nécessaires, y compris quantités suffisantes d’oxygène, pour garantir la prise en charge adéquate des patients (soins médicaux, nutritionnels et psychosociaux complets pour toutes les personnes atteintes de COVID-19). Des réserves de carburant et d’eau devront être envisagés pour assurer leur fonctionnement des sites les 24 heures.

Des informations actualisées seront partagées régulièrement, et les équipes médicales seront formées et rafraîchies dans la gestion des infections respiratoires graves aiguës et des protocoles spécifiques au COVID-19, oxygénothérapie et rééducation respiratoire incluses, basés sur les normes internationales et les orientations cliniques de l’OMS pour assurer des soins de qualité et actualisés selon les nouvelles informations disponibles.

De manière parallèle, l’outil de détection précoce de cas de COVID-19 sera disséminé à tous les hôpitaux départementaux et Hôpitaux Communautaires d Référence (HCR), ainsi qu’aux hôpitaux privés qui ne seront pas dédiés à la prise en charge de COVID-19, mais qui recevront des cas suspects qui devront être rapidement identifiés, isolés et référés de manière adéquate et opportune vers une institution COVID. Ces hôpitaux seront aménagés avec un poste de triage avancé et un espace pour l’isolement des patients.

La disponibilité d’Équipement de Protection Individuelle (EPI) sera assurée pour protéger tous les personnels de santé impliqués dans la prise en charge des malades (incluant personnels de soutien, ménagères, personnels des morgues), les personnels affectés aux postes de triage et d’isolement des hôpitaux non-COVID, et les services ambulanciers désignés pour le transfert de patients COVID. Tous ces personnels seront également formés à l’utilisation adéquate des EPI.

Pour assurer le respect des normes de prévention et contrôle des infections et éviter la propagation de la maladie, des mesures seront prises pour la formation des personnels et la désinfection adéquate des espaces de triage, d’isolement, de prise en charge, d’habillage et déshabillage d’EPI, des ambulances, des matériels et des linges. Des matériels d’information sur les mesures de prévention seront affichés dans tous les centres COVID pour la protection des personnels. Dans ce même contexte, des mesures seront prises pour la gestion adéquate des déchets et des eaux usées dans les centres COVID

Finalement, et tout en respectant le contexte culturel, des mesures seront prises pour la gestion adéquate des dépouilles mortelles à niveau institutionnel et communautaire (pompes funèbres et responsables du transport des dépouilles mortelles inclus) ; tout personnel impliqué dans l’inhumation des cadavres sera formé et sensibilisé. 

Cellule 2 – Communication pour changement de comportement : MSPP/UCRP, MSPP/DPSPE, DPC, UNICEF

Objectif : Réduire la propagation du virus COVID-19 grâce à une communication proactive qui cherche à promouvoir un dialogue bidirectionnel avec les communautés et les autres parties prenantes, d’informer la population sur les risques existants et de fournir aux communautés et groupes identifiés des informations adaptées à leur situation. Il est primordial de réduire la stigmatisation et de sensibiliser les communautés sur la nécessité de protéger les centres de prise en charge, le personnel médical et non-médical ainsi que toute personne atteinte par le virus.

Mise en œuvre : Le plaidoyer, la mobilisation sociale et communautaire ; et la communication pour le changement de comportement sont les trois approches stratégiques d’implémentation priorisées par la Stratégie de communication. Le renforcement des capacités et l’approche de suivi et d’évaluation seront mis en œuvre comme stratégie de soutien tandis que des alliances seront créées pour amplifier les activités de la campagne.

Les interventions prévues soutiennent et renforcent les nouveaux messages de sensibilisation du gouvernement, en suivant l’évolution de la pandémie. Des pratiques efficaces du port du masque, du lavage des mains et des mesures d’hygiène, ainsi que la distanciation physique sont essentielles pour ralentir la transmission du virus et lutter contre la stigmatisation. C’est pourquoi la stratégie de communication renforce l’information et les connaissances sur le changement de comportement pour améliorer l’application de toutes les mesures de prévention de base. Ceci se fait à travers différentes méthodologies et canaux, au niveau communautaire (urbain et rural), y compris des camions-son, un mégaphone, une sensibilisation porte à porte, des groupes de sensibilisation communautaire, des spots TV et radio, des affiches dans des lieux clés, ainsi qu’une campagne spécifique sur les réseaux sociaux (Twitter, Facebook, WhatsApp, Instagram). La communication cible aussi les personnes souffrant d’hypertension ou d’autres maladies cardiaques, les personnes âgées, les personnes vivant avec un
handicap, la population active telle que les commerçants, les agriculteurs, les conducteurs, les gestionnaires, les motocyclistes. La campagne nationale vise à atteindre tous les espaces publics afin d’améliorer les pratiques préventives de tous les groupes à risque.

Dans la première phase de la campagne de communication basée sur le plan de communication préCOVID-19 du ministère de la Santé (MSPP), 500_000 brochures, 250_000 dépliants, 100_000 affiches ainsi que des vidéos et des enregistrements audios ont déjà été produits. Le matériel a été diffuser par le biais de stations de radio et de télévision nationales et régionales, de camions sonores mobiles, de porte à porte, etc. Les médias sociaux diffusent également des messages clés du ministère de la Santé. Simultanément, des ONG partenaires, y compris celles engagées dans la riposte au choléra, ont été mobilisées pour soutenir les équipes d’urgence du MSPP et renforcer la communication, la sensibilisation et la mobilisation communautaire, y compris le lavage des mains.

Cellule 3– Logistique et gestion des dépôts : MSPP/Bureau de la Ministre, MSPP/DPMMT, UNOPS, PAM

Objectif : Mettre en place un plan d’approvisionnement intégré des intrants et équipements, ainsi que la logistique et la distribution pour assurer une réponse médicale efficace. Cet axe fonctionne en tandem avec les autres clusters pour soutenir une réponse efficace, en mettant l’accent sur le cluster prise en charge.

Fourniture d’équipements pour l’oxygénothérapie

Dans le cadre de la réponse nationale, le gouvernement a défini une stratégie qui vise à maximiser l’accès au traitement précoce du COVID-19 afin d’éviter la dégradation rapide des cas vers un état critique, pour lesquels le traitement sera beaucoup plus difficile, coûteux et avec moins de chances de survie. L’accent est donc mis sur l’accès à l’oxygénothérapie pour tous les cas de COVID nécessitant une hospitalisation à Port-au-Prince et dans les départements. La stratégie est également basée sur l’identification de grandes structures (pas nécessairement médicales) capables de recevoir au moins une cinquantaine de patients pour administrer des soins de niveau 1. Ces sites seraient situés de préférence à proximité d’un hôpital dédié au COVID où des soins de niveau 2 seraient administrés aux patients nécessitant des interventions médicales plus complexes (cas critiques, femmes enceintes, enfants, traumatismes, etc.).

En référence aux chiffres partagés dans le scénario de planification de la CMGP, les hypothèses suivantes ont été établies comme base initiale de la définition des exigences techniques pour répondre aux besoins critiques en oxygénothérapie :

  • Au minimum, 3_000 patients / lits occupés pour une période de 4 mois
  • Les cas légers ou modérés nécessiteront une thérapie de débit d’oxygène équivalent à 5 – 10 L / min.
  • Consommation moyenne des patients de 1 bonbonne d’oxygène (100 litres) par 24h.
  • En moyenne, 3 bonbonnes d’oxygène seront nécessaires par patient, par 24h (1 en cours d’utilisation, 1 de sauvegarde et 1 en remplissage).

Il existe deux solutions pour l’administration basique d’oxygène. L’une composée de concentrateurs d’oxygène mobiles et l’autre reposant sur des bonbonnes d’oxygène pour soutenir individuellement les patients en utilisant les accessoires requis (réducteurs de pression, circuit patient ou canule nasale). L’utilisation des bonbonnes d’oxygène sera étroitement liée à la capacité de remplissage par une génératrice d’oxygène située à proximité du site de prise en charge et nécessitera une planification logistique dédiée pour gérer le flux et la distribution.

Dans cette optique, une solution hybride composée d’un mélange de concentrateurs d’oxygène individuels et de bonbonnes / génératrices d’oxygène pourrait garantir une stratégie d’atténuation de risque de rupture dans la chaîne d’approvisionnement et le plus haut degré de fiabilité pour la prise en charge médicale des cas COVID-19. La stratégie prévoit une répartition 60-40 entre le binôme génératrice / bonbonne d’oxygène et les concentrateurs d’oxygène.

La solution finale mise en œuvre dépendra des capacités des marchés et des délais critiques pour la mise en place des équipements en reconnaissant que les chaînes d’approvisionnement aux niveaux international et national sont actuellement perturbées et peu fiables.

Fourniture et distribution des Équipements de Protection Individuelle

Conformément aux directives de l’OMS pour la réponse aux soins de santé, l’EPI doit être utilisé en fonction du risque d’exposition (par exemple, type d’activité) et de la dynamique de transmission du pathogène (par exemple, contact, gouttelette ou aérosol).

Le type d’EPI utilisé lors de la prise en charge des patients COVID-19 variera en fonction du cadre et du type de personnel et d’activité. Les agents de santé impliqués dans les soins directs aux patients doivent utiliser les EPI suivants : blouses, gants, masque médical et protection oculaire (lunettes ou écran facial). Plus précisément, pour les procédures fournissant des soins aérosols (p. Ex. Intubation trachéale, ventilation non invasive, trachéotomie, réanimation cardio-pulmonaire, ventilation manuelle avant l’intubation, bronchoscopie), les professionnels de la santé devraient utiliser des respirateurs, des lunettes de protection, des gants et des blouses ; des tabliers devraient également être utilisés si les blouses ne sont pas résistantes aux fluides. Les respirateurs (par exemple N95, FFP2 ou normes équivalentes) ont été utilisés pendant une longue période lors des précédentes urgences de santé publique impliquant une maladie respiratoire aiguë lorsque les EPI étaient en pénurie. Les personnes présentant des symptômes respiratoires ou celles soignant à domicile des patients atteints de COVID-19 devraient quant à elle recevoir au minimum des masques médicaux.

Huit domaines nécessitant différents degrés de protection ont été pris en considération pour estimer les besoins en EPI en Haïti : surveillance, points d’entrée, laboratoire, ambulance, la gestion de cas, gestion des cadavres, autres personnels hospitaliers, et patients isolés à domicile Pour chacun de ces domaines, différentes formules ont été appliquées pour calculer l’EPI requis, en tenant compte :

  • Des différents types de disciplines (par exemple, les travailleurs de la santé, les patients, le personnel aux points d’entrée, etc.) utilisant des équipements EPI ;
  • De la fréquence à laquelle ces personnes remplaceront les articles d’EPI sur une période de 24 heures ;
  • De la durée prévue de l’épidémie ;
  • De la durée moyenne d’hospitalisation, d’isolement et de quarantaine ;
  • Du nombre minimal mais nécessaire d’EPI pour chaque discipline.

Fourniture d’équipements pour le contrôle des infections

L’hygiène et l’élimination sécurisée des déchets médicaux sont essentielles pour éviter la propagation de COVID-19. Les sites doivent être équipés de capacités d’incinération afin de garantir que les déchets
puissent effectivement être éliminés dans le contexte du traitement.

De même, l’approvisionnement régulier en produits et matériel d’hygiène, tant au niveau des structures de prise en charge qu’au niveau communautaire, devra être assuré afin de contenir les risques de propagation du virus et de permettre aux brigades d’hygiène et d’assainissement d’être efficaces.

Cellule 4 – Surveillance épidémiologique, laboratoires, points d’entrée : MSPP/DELR, MSPP/LNSP, CDC, GHESKIO

Objectif : Établir un système de confirmation du diagnostic des cas COVID-19 à grande échelle afin d’orienter la réponse et limiter la propagation de la maladie. Améliorer les systèmes existants de surveillance de la COVID-19 et des maladies respiratoires et établir une détection rapide des cas dans les établissements de santé, dans les communautés et aux points d’entrée frontaliers afin de limiter les contacts et ainsi rompre la chaîne de propagation ou de transmission.

Laboratoires

Le diagnostic de laboratoire constitue l’un des éléments essentiels pour limiter la propagation du COVID19. Un système sera mis en place pour assurer l’approvisionnement du Laboratoire National de Santé Publique (LNSP) en quantité suffisante de réactifs et accessoires nécessaires pour la confirmation de l’infection par le nouveau coronavirus (SRAS-COV-2). Tous les techniciens de laboratoire seront formés sur les techniques utilisées pour le diagnostic du COVID-19. En outre, du matériel de protection sera donné au personnel de laboratoire pour assurer leur sécurité et protéger leur santé.

Les capacités pour l’emballage et l’expédition des spécimens vers les laboratoires de références régionaux et subrégionaux seront renforcés. Des mécanismes de contrôle de qualité, y compris des indicateurs de qualité, seront élaborés pour les tests au point de service. Des évaluations périodiques seront menées pour s’assurer que le réseau et les procédures de collecte, de gestion et de référence des échantillons sont fonctionnels. En même temps, un circuit séparé pour la collecte et la transmission des échantillons au LNSP sera mis en place et des orientations seront fournis aux transporteurs locaux (terrestres, aériens) sur les mesures de prévention de la contamination et des actions à entreprendre en cas de contamination.

Le MSPP, dans le cadre du programme de lutte contre la TB/MDRTB dispose de 41 appareils de GenXpert et des techniciens de laboratoires formés pour faire le test rapide de la TB au LNSP et au labo Rodolphe Mérieux des Centres GHESKIO. La compagnie CEPHEID qui produit les tests rapides pour la TB a mis au point des tests rapides de diagnostic du COVID-19. Ces tests, pour le moment, ne peuvent pas être fournis à l’extérieur des USA. La disponibilité de ces tests favoriserait grandement le diagnostic rapide du COVID-19 partout en Haïti et contribuerait de façon significative au contrôle de l’épidémie.

Surveillance

Dans le cadre de la surveillance du COVID-19 en Haïti, les activités menées auront pour but de surveiller les infections respiratoires aiguës (IRA) ; de dépister tous les cas inusités et les phénomènes inhabituels qui peuvent évoquer un cas de COVID-19 ; et identifier les contacts des cas de COVID-19. Pour atteindre ces objectifs, les structures existantes seront adaptées pour assurer une gestion efficace des activités épidémiologiques au niveau départemental, ainsi qu’une meilleure coordination par le niveau central. Des équipes de terrain seront constituées et déployées dans les dix départements. Les équipes seront réparties comme suit : investigation des cas suspects, recherche et suivi des contacts, et gestion des données.

Les équipes d’investigation seront responsables de la recherche active et de l’investigation des cas suspects, y compris la notification des cas confirmés. Elles travailleront de façon conjointe avec les équipes de recherche et suivi des contacts. Les équipes d’investigation recevront chaque jour le rapport des alertes et planifieront les investigations, constitueront les équipes, détermineront l’itinéraire de ces équipes et partageront les rapports journaliers avec les services d’épidémiologie et statistique départementaux qui valideront et transmettront ces documents à la Direction d’ pidémiologie, des Laboratoires et de la Recherche (DELR). Au niveau départemental, ces équipes seront composées de 3 personnes : 1 épidémiologiste, 1 technologiste médical ou d’un technicien (infirmière labo-moto ou infirmière PRESEPI ou technicien de laboratoire) pour coordonner ou effectuer les prélèvements et 1 chauffeur.

Sous la conduite des CEDIR (Chef d’équipe Départementale d’Intervention et de Réponse), les équipes de recherche et suivi des contacts seront responsables de l’identification, vérification et notification de toutes les alertes liées au COVID-19 ; de la recherche des contacts ; et du suivi domiciliaire et téléphonique des contacts. Ces équipes seront composées au niveau départemental par les membres d’EMIRA / EDIR ( quipe Médicale d’Intervention Rapide / Equipe Départementale d’Intervention et Riposte), des responsables de santé communautaire et des chauffeurs.

Les équipes responsables de la gestion des données mettront en place un système informatisé de gestion des données épidémiologiques, des laboratoires, sociodémographiques et cliniques au niveau central et départemental pour un meilleur suivi des tendances du COVID-19. Les données seront analysées et incluses dans des rapports partagés quotidiennement avec les autres équipes. Ces données permettront de détecter les zones à forte incidence de COVID-19 et, donc, ils serviront aussi à mieux orienter les activités de réponse.

Suivant l’évolution de l’épidémie, toutes les ressources additionnelles (agents de santé communautaire polyvalents, officiers de surveillance épidémiologique, techniciens de laboratoire et épidémiologistes de niveau basique et intermédiaire du Programme de ormation en pidémiologie de Terrain) nécessaires au renforcement de la surveillance épidémiologique des cas de COVID-19 et de la gestion des alertes peuvent être mobilisées à tout moment. Ces ressources seront mobilisées et déployées avec l’ouverture des espaces de triage et des centres de prise en charge.

Prise en charge de la quarantaine et isolement des personnes positives asymptomatiques

Afin de limiter la propagation du COVID-19 en Haïti, le protocole de surveillance sera mis en place aussi sur les principaux points d’entrée (aéroports, ports, frontières terrestres). Toutes les personnes entrant dans le pays par les points d’entrée sélectionnés seront dépistées et recevront des messages de sensibilisation sur le COVID-19. Tous les cas suspects seront isolés et pris en charge en fonction du protocole établi. Des mécanismes de prise en charge spécifiques seront mis en place pour les personnesvulnérables (les femmes enceintes, les survivantes des violences basées sur le genre, les personnes âgées, les enfants mineurs non accompagnés).

Si la quarantaine institutionnelle était décidée elle pourrait être organisée dans des hôtels, des dortoirs ou dans d’autres lieux réunissant les conditions d’une quarantaine s re et efficace. Dans la mise en œuvre de la quarantaine institutionnelle, chaque personne aura accès à une chambre bien aérée et pourvue de dispositions sanitaires à l’intérieur pour l’hygiène des mains et l’hygiène personnelle. Dans le cas où cela ne serait pas possible, il y aura une distance de 1 mètre au moins entre les lits et des autres dispositions sanitaires à l’intérieur. Toutes les personnes placées en quarantaine recevront de la nourriture en quantité suffisante et adaptée, de l’eau et des produits d’hygiène. Les pathologies dont souffrent les personnes placées en quarantaine seront aussi prises en charge médicalement. Toutes les personnes placées en quarantaine recevront un soutien psychosocial et des informations sur la durée de leur placement en quarantaine, ce qui se passera si elles tombent malades, les coordonnées de l’ambassade ou du consulat dont elles relèvent.

L’ensemble du personnel de ces installations de quarantaine sera formé aux précautions standards avant que les mesures de quarantaine ne soient mises en œuvre. Toutes les procédures de nettoyage et de désinfection seront appliquées de manière correcte et cohérente avant, pendant et après la période de quarantaine. Le personnel chargé du nettoyage sera formé et recevra des équipements de protection individuelle.

Cellule 5 – Mise en place des sites : MSPP/UADS, MSPP/DOSS, MSPP/UNGUSS, DINEPA. UNOPS

Conditionnement, et opération & maintenance (O&M) des sites de prise en charge

Le MSPP a identifié un certain nombre de structures qui seront dédiées à la prise en charge médicale des patients du COVID. Certains de ces sites nécessitent des aménagements pour s’assurer qu’ils sont adaptés aux besoins de prise en charge et de soins des patients COVID. À travers cet objectif, la CMPG vise à assurer que les sites disposent notamment d’un espace suffisant, fonctionnel, d’électricité. Il est tout aussi important que les sites soient correctement approvisionnés en carburant ainsi qu’en eau, et maintenus régulièrement pour assurer que tous les services critiques et l’équipement sont fonctionnels.

Cette cellule planifie toutes les actions nécessaires et les intervenant pour la mise en place des sites de Niveau I et II. Cela comprend (a) le choix, avec les directions départementales et l’UADS, de date pour l’ouverture de chaque site, le développement d’un plan devant mener à l’ouverture du site, la liaison avec les directions centrales et départementales et les partenaires techniques impliquées.

Fourniture d’équipements pour les ambulances

Compte tenu de la répartition des cas COVID entre un nombre réduit d’hôpitaux dans chaque département, les ambulances du Centre Ambulancier National (CAN) joueront un rôle central dans la mise en œuvre du système de référence et de contre-référence. Certains patients pourraient devoir être transportés à partir de leur domicile en cas de dégradation importante de leur condition. De même, les ambulances devront transporter les cas COVID entre les sites de prise en charge de Niveau I (modérée) à ceux du Niveau II (sévère). C’est dans ce contexte que le CAN devra être soutenu pour garantir que sa capacité actuelle d’ambulances soit non seulement maintenue mais aussi étendue.

Les cellules de coordination

Coordination des Opérations Médicales

  • Assure la liaison avec la Cellule Scientifique pour tous les aspects techniques liés à l’évolution de la pandémie ; aux découvertes, normes et standards, guides et directives techniques en regard à la prise en charge ; et aux investigation, analyses et recherches.
  • Fait le suivi pour assurer l’adhérence des sites de prise en charge aux normes et protocoles approuvés par la cellule scientifique et le MSPP
  • Assure une liaison et une coordination permanente avec la Ministre de la Santé

Coordination des Opérations

  • Point focal principal des directeurs de départements du MSPP
  • Assure la liaison générale avec les Directions Centrales et Départementales du MSPP pour toutes les opérations et assure la cohérence des interventions des cellules au niveau départemental
  • En étroite collaboration avec la Coordination Générale, assure la coordination, la synergie et la synchronisation des interventions des différentes cellules de la Salle de crise
  • Assure le suivi des actions planifiées, identifie les goulots d’étranglement et met en place les mécanismes et les actions pour les adresser

Coordination Générale

  • Assure la mise en place et le fonctionnement de la Salle de Crise en accord avec ses termes de référence
  • Assure la liaison avec le MSPP et les partenaires pour la mobilisation des ressources humaines et financières en appui à la Salle de Crise
  • Fourni des rapports journaliers à la Ministre de la Santé et aux deux co-Présidents de la CMGP